La SFI - La Société Française
d’Ichtyologie est une association loi 1901, créée en
1976 sous la présidence de Théodore Monod. Elle regroupe
un vaste ensemble de chercheurs menant des travaux de
recherche fondamentale ou appliquée sur les poissons.
Elle a succédé à la Société d’Aquaculture qui était
d’avantage axée sur l’aspect pratique de la recherche.
“Mieux connaître le monde qui nous entoure”
- La présence du Laboratoire de Pathologie des
poissons de l’Afssa (Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments) ainsi que de l’Apecs
(Association pour la protection des sélaciens) témoigne
de la diversité des participants à ce congrès.
Jean Allardi, l’actuel président, ichtyologiste
passionné, est conscient que pour progresser, la science
a besoin de cette diversité : “Nous comptons 400
adhérents dans le monde entier, principalement des
chercheurs, mais aussi des associations de naturalistes.
Il est important que les choses aillent dans la bonne
direction, c‘est à dire protéger les espèces menacées
comme certains requins, mieux comprendre comment
fonctionnent et se reproduisent les poissons, comment
prévenir les maladies en pisciculture ou tout simplement
recenser les espèces existantes sur le globe !”
1 nouvelle espèce tous les 3 jours !
- Actuellement, il existe 25000 espèces connues
de poissons. On pourrait croire que toutes ont été
décrites, pourtant, chaque année, une centaine de
spécimens inconnus sont découverts. D’après les
spécialistes, il en reste encore des milliers,
principalement dans les milieux récifaux ou dans les
zones profondes des océans. En 1976, c’est un requin
long de 5m, pêché près des côtes hawaiiennes, qui a
secoué le monde scientifique : malgré ses mensurations
imposantes, personne n’avait jamais mentionné
l’existence de l’espèce !
Un manque de naturalistes - Jean
Allardi pointe du doigt la recherche contemporaine, et
tout particulièrement, la mode du “tout génétique“ :
“Depuis quelques années, des crédits importants sont
accordés aux recherches en biologie moléculaire ou en
génétique. Les étudiants s’intéressant à la taxonomie et
à la systématique (description et classification des
espèces ndlr) n’obtiennent plus de bourses car les
profits à court terme de la recherche fondamentale ne
sont pas suffisants. Pourtant, il y a des endroits de la
planète que l‘on détruit avant même de les avoir
exploré. Nous ne l‘acceptons pas.”
Ne pas faire n’importe quoi - Pour
autant, le président n’est pourtant pas tendre avec tous
les naturalistes : “La LPO (Ligue de Protection des
Oiseaux) est très médiatique, elle rassemble de très
nombreux amoureux des oiseaux et fait souvent du bon
travail. Mais quel désastre quand on voit que pour
recréer un habitat propice à la ponte des sternes, ils
construisent des amas de sable le long des fleuves en
saccageant tout l’écosystème ! Et quand il y a des
végétaux qui poussent dessus, c’est la même chose, ils
les arrachent. A un moment donné, il faut s’arrêter et
réfléchir globalement. De notre côté, nous sommes
ichtyologistes, mais aussi écologistes”
Vers une pêche raisonnée - Loin du
militantisme borné, la SFI fait valoir ses compétences
scientifiques en tant que conseiller auprès des pouvoirs
politiques. Notamment en ce qui concerne l’état des
pêcheries et des politiques de pêche à adopter.
Certaines espèces comme le merlu se reproduisent à
l’âge de 6 ans, or la taille minimale de pêche est
atteinte bien avant. A l‘inverse, des poissons comme la
sardine se reproduisent très vite, en cas de surpêche
une année, la population pourra quand même se
régénérer.