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| Télémédecine : Les ophtalmologistes ont un oeil
sur le Net |
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L’équipe porteuse du projet. Guy CAZUGUEL,
Béatrice COCHENER (chef de service en Ophtalmologie), Stéphan
CONAN (chef de clinique en Ophtalmologie), Antoine
DOUPHY-MARRON (interne). [photo : Vincent
Derrien]
| Le SEMO est
un serveur Internet d’un type nouveau. Né d’une collaboration entre
le CHU de Brest, l’université de Bretagne occidentale, l’ENSTB et
deux industriels, il permet notamment à plusieurs ophtalmologistes
éloignés géographiquement de travailler en commun… à partir d’un
simple modem. De quoi favoriser les échanges et affiner les
diagnostics avec l’aide des experts brestois.
Depuis de
nombreuses années, Guy Cazuguel est partagé entre son bureau
d’enseignant-chercheur à l’École nationale supérieure des
télécommunications de Bretagne (ENSTB), et le Laboratoire de
traitement de l’information médicale (LATIM) au Centre hospitalier
universitaire de Brest. On pourrait s’étonner de voir ce chercheur
en traitement d’image déambuler dans les couloirs de l’hôpital.
Pourtant, pour lui, rien de plus naturel : « Le LATIM existe depuis
1994, mais cela fait bien longtemps que les médecins et moi,
travaillons ensemble ! En ophtalmologie, l’image occupe une place
prépondérante dans l’établissement d’un diagnostic. C’est une
discipline dans laquelle quasiment tout se fait de visu. Le
traitement de l’image médicale peut simplifier le travail des
experts. Par exemple, un comptage de cellules sur une cornée est
bien moins fastidieux à réaliser sur une image traitée ! »
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| L’intégration de nouveaux cas cliniques dans
la base de données ne nécessite pas de compétences
particulières en informatique. Ce sont directement les
médecins qui la gèrent, elle est donc régulièrement augmentée
et mise à jour. |
F avoriser la
collaboration entre spécialistes Cette fructueuse
mise en commun de savoirs et de savoir-faire a reçu le prix CATEL,
le 25 avril dernier, par le Comité technique régional de la
télémedecine, qui récompense ainsi le projet Semo de « Serveur
d’expertise multicentrique en ophtalmologie ». Il s’agit d’un
serveur Internet dont l’objectif est de diffuser les connaissances
en ophtalmologie en favorisant la collaboration entre
spécialistes. Ce serveur se présente sous la forme d’un site
Internet accessible à tous à partir de n’importe quel ordinateur
connecté. Un mot de passe (délivré sur inscription) est toutefois
nécessaire pour pouvoir accéder aux informations et fonctionnalités
qui font l’originalité du projet.
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| Le « chat » du SEMO permet de dialoguer en
temps réel avec d’autres ophtalmologistes. Chacun peut alors
examiner l’image et partager son avis avec les autres
participants. |
L a Rolls de la
télémédecine Aujourd’hui, le
serveur gère une base de données de cent cinquante cas cliniques et
ne cesse de s’étoffer progressivement. Du coup, plus besoin
d’attendre les colloques pour pouvoir discuter des cas originaux !
Tous les médecins peuvent participer à l’enrichissement de la base
en proposant ses images et ses commentaires au pool d’experts du
Semo. Ils peuvent aussi s’auto-former grâce à des modules de cours
spécialement mis en ligne. Le serveur ouvre également de nouveaux
horizons à la télé-expertise en permettant aux ophtalmologistes de
communiquer facilement en temps différé sur un forum de discussion
agrémenté d’images, mais aussi en temps réel selon le principe du «
chat » (prononcez « tchatt’ »). Ainsi, plusieurs médecins peuvent
être connectés en même temps sur une même page web qui présente une
image et une boîte de dialogue. Grâce à un pointeur, chaque
participant est peut désigner aux autres les zones qu’il est en
train de commenter. Le tout fonctionne sur n’importe quelle
plate-forme (PC, Mac, UNIX), et avec tous les navigateurs !
U
n serveur vivant L’équipe tient
également à ce que ce projet s’inscrive dans la durée : « À la
différence d’autres serveurs, le Semo, possède tous les atouts pour
être continuellement mis à jour. Ce sont les médecins qui
interviennent directement dans la base de données grâce à un
formulaire simple qui ne nécessite aucune connaissance informatique
! » Le succès du serveur a franchi les frontières des spécialités
: aujourd’hui, les échographistes verraient bien le concept adapté à
leur discipline…
Vincent Derrien Contacts : SEMO : http://semo.univ-brest.fr Guy
CAZUGUEL Tél : 02 29 00 13 61 Dpt ITI – LATIM ENST
Bretagne BP 832 29285 Brest
U ne
recherche par
l’image
| Pour gérer une base de données telle que celle du SEMO,
il existe deux solutions. La première consiste à classer les
pathologies en fonction de certains signes cliniques
observables chez le patient. Dans ce cas, la recherche dans la
base se fait par mots-clés. Mais, comme le fait remarquer Guy
CAZUGUEL, cette méthode à ses limites : « Les médecins, comme
tout le monde, ont parfois ce travers de vouloir chercher une
confirmation de ce qu’ils pensent avoir décelé chez leur
patient, en partant du principe que leur idée est forcément la
bonne. En interrogeant la base de données de cas cliniques via
des mots-clés, ils tendront inconsciemment vers ce qu’ils ont
décidé de trouver ! » La deuxième solution est développée
au LATIM : « En plus d’une recherche textuelle, il est
possible de soumettre directement une image au serveur. Cette
dernière sera comparée à celles de la base de données et, si
certaines présentent des points communs, les diagnostics
correspondants seront proposés parmi les réponses. Cette
méthode permet d’être attentif à certaines pathologies
auxquelles on n’aurait pas pensé autrement ! »
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