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| Logiciels libres et vie locale : Demain sera-t-il
libre pour tout le monde ? |
La
troisième édition du colloque « Autour du libre » s’est déroulée à
Brest, les 16 et 17 mai dernier à l’ENST Bretagne. Cette année, les
débats étaient centrés sur l’utilisation des logiciels libres dans
la vie des collectivités, des administrations et des associations.
La participation à ces journées de Guy Hascoët, Secrétaire d’État à
l’économie solidaire, montre que les enjeux relatifs à ces logiciels
« open source » ont dépassé la petite sphère du monde des
informaticiens.
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Guy HASCOËT, Secrétaire d’État à l’économie
solidaire soutient le rapport du député Carcenac sur
l’administration électronique : « Çe serait une erreur que
d’ignorer la démarche citoyenne, venant du bas. Le potentiel
est énorme et deviendra dominant. » [photo : Vincent
Derrien] | En informatique,
le logiciel libre s’oppose au logiciel propriétaire. En effet, ce
dernier – aussi appelé « exécutable » - est développé par un éditeur
qui possède les codes informatiques du logiciel que le client ne
peut utiliser sans payer une licence d’exploitation. Les plus connus
sont Windows et Mac OS. Dans le cas des logiciels libres, les codes
sources des applications peuvent être librement étudiés, copiés et
modifiés (d’où son autre nom : « open source »). Ces logiciels
libres sont également utilisables sous licence, parfois gratuites,
dont la plus répandue est la GPL (General Public Licence).
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5% de linuxiens Depuis dix ans,
le système d’exploitation libre Linux ne cesse de gagner du terrain
face à ses concurrents « propriétaires ». Il est très difficile, du
fait de sa libre distribution, de connaître le nombre exact de
machines qui l’utilisent. On estime cependant qu’en 1999, elles
représentaient 16% du parc informatique mondial. Aujourd’hui, on
parle de 25% ! Aymeric Poulain Maubant est un des initiateurs des
journées « Autour du libre ». Pour lui, l’open source est encore
jeune : « Le principal frein à son développement, ce sont les
habitudes prises par chacun. La quasi totalité des machines est déjà
équipée en logiciels propriétaires, les licences sont payées et le
personnel des administrations est formé… »
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Initiateur des premières journées « Autour du
libre » en 1999, Aymeric Poulain Maubant vient de créer une
des premières SSIIL (Société de Services d’Ingénierie
Informatique Libre) de l’Ouest. [photo Vincent
Derrien] |
L ibérer la vie
locale ! Les
collectivités et les administrations sont généralement plus
frileuses que les entreprises et les associations quand il s’agit de
changer de système informatique. Pourtant, pour David Mentré, ancien
élève de l’École nationale supérieure des télécommunications de
Bretagne (ENSTB) et membre de l’Association francophone des
utilisateurs de Linux et des logiciels libres (AFUL), les avantages
sont nombreux : « Le code étant connu, il est très simple de
déboguer ou de détecter les failles de sécurité d’une application,
de la personnaliser en fonction de ses besoins spécifiques et
surtout, le libre permet d’assurer la pérennité de ses données. Car
nul ne sait s’il sera possible, dans dix ans, de lire un fichier
enregistré aujourd’hui avec un logiciel propriétaire. Avec le libre,
ce problème ne se pose pas ! »
D es services
plutôt que des produits « Quand on
achète une voiture, on n’achète pas un garage ! » La métaphore
automobile choisie par David Julien, doctorant en économie, n’est
pas anodine : « En choisissant le libre, on n’achète plus un
produit, mais un service. Comme avec les logiciels propriétaires, il
s’agit de maintenance, mais également de formation de personnel et
d’adaptation de logiciels aux besoins » Il semble que les
compétences et la volonté politique soient là, mais que,
concrètement, les collectivités et les administrations manquent
d’informations pour se décider à « franchir le pas ». À la mairie de
Brest par exemple, le libre n’est représenté qu’à travers deux
applications : une boîte de messagerie et le célèbre serveur web
Apache. Toutefois, Aymeric Poulain Maubant reste confiant quant à
l’avenir du libre : « Il faut que les choses se fassent en douceur.
Le cadastre, l’état-civil ou même les applications pédagogiques sont
des domaines dans lesquels l’open source a de beaux jours devant
lui. Les informaticiens sont prêts. On attend les commandes !
»
Vincent Derrien Contact : Aymeric POULAIN
MAUBANT 21 rue Jurien de la Gravière - 29200 Brest Tél : 02 98
33 12 49 Fax : 02 98 33 16 54
L ogiciel libre et recette de
cuisine
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| [photo : Vincent Derrien]
| La
différence entre un logiciel libre et un logiciel «commercial»
(ou propriétaire) est la même que celle qui existe entre une
soupe aux légumes du jardin et un sachet de potage lyophilisé.
Ce dernier ne présente aucune alternative : verser la poudre
dans un bol, ajouter de l’eau. Point. Les légumes du jardin
quant à eux, offrent des horizons radicalement différents.
Tout d’abord, chacun est libre de cultiver ses légumes
préférés, et de sélectionner les plus beaux avant de les
passer à la moulinette. Un bon repas ne se fait pas sans ses
amis, avec lesquels il est possible d’échanger des « codes
sources », pardon, des recettes afin de personnaliser ou
d’améliorer la formule initiale… Un logiciel libre (ou open
source) est donc une application dont le code source (les
lignes de programmation) sont accessibles et modifiables à
tout moment, pour tout le monde. L’immense majorité des
logiciels vendus aujourd’hui dans le commerce par des éditeurs
tels que Microsoft, sont distibués sous forme « exécutable ».
Dans ce cas, une seule personne est autorisée à modifier le
contenu du code : l’éditeur. Cette vision communautaire du
logiciel informatique est née dans les années 80 et connaît
depuis 1990 (date de création du système d’exploitation
Linux), un véritable développement. Les valeurs citoyennes
sous-jacentes à « l’open source » dépassent en effet la simple
polémique entre spécialistes. Les colloques, conférences et
rapports se multiplient et tout le monde s’accorde à dire que
ça n’est qu’un début…
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